• Jacques Heurtier

After hours, au café des amis…

Mis à jour : mai 15

Georges et Bernard sont amis depuis plus de 20 ans. De plus, ils exercent le même métier, Directeurs d’EHPAD. Le premier travaille dans un grand groupe privé, le second en secteur public.

Leur « after hours » du vendredi est sacré. Chacun se reconnaît dans l’autre, confie ses préoccupations, prend un peu de hauteur et les soirées s’étirent inlassablement.

La terrasse du « Bar des Amis » est pleine, comme tous les vendredis soir. Le soleil décline et l’ombre des platanes envahit la place du village. « Ah, les entretiens annuels… tu crois que c’est vraiment utile de dire aux gens ce que l’on pense de leur travail ? » « Le travail est souvent lié à l’amour pour chacun d’entre nous. Petits, nos parents nous félicitaient ou nous grondaient pour les notes. Depuis, nous avons tous plus ou moins tendance à superposer la valeur de nos « notes » à notre pauvre ego…» « Ouais, facile… moi mes gosses, même si je hurle, les résultats scolaires sont accablants, surtout les garçons… » « Je comprends, mais nous parlions des collaborateurs… » « C’est toi qui es venu sur ce terrain… » « Je le confesse. Pour autant, je persiste et signe : il est fondamental de dire (et savoir dire) aux gens ce que l’on pense de leur travail… » « Mais c’est un truc que l’on fait plus ou moins toute l’année, non ?.... » « Oui, plus ou moins. Cet entretien a vocation à faire le bilan… moi, si mes patrons et mes collègues ne me félicitaient pas de temps en temps, je crois que je serais complètement largué… » « Moi, c’est le contraire : j’ai essayé de féliciter plusieurs fois le chef cuisinier, mais ça ne donne rien… Toujours à râler, à tempêter…Et pourtant il fait du bon boulot… »

« Oui, ça devient beaucoup plus difficile d’évaluer le travail de quelqu’un… Nous sommes perdus dans le flou d’activités de plus en plus abstraites et parcellisées. Donc, nous dépendons plus que jamais du regard des autres… » « Oui, ou nous croyons dépendre, tu connais mes idées… » « Oui, selon toi, les collaborateurs devraient être capables de s’auto-évaluer puis d’assumer une confrontation avec leur « patron » et anticiper sur le fait que l’on ne soit pas d’accord sur tout… » « Oh oui, en théorie cela devrait marcher, mais au quotidien … » « Tu penses donc toujours que les relations hiérarchiques génèrent ce mal endémique qu’est le besoin de reconnaissance ?... » « Ah oui, plus que jamais, j’ai parfois l’impression de n’être qu’un père fouettard…j’ai l’impression que les gens m’en veulent parce qu’ils aimeraient plus de satisfactions dans leur travail et que je deviens le récipiendaire de leurs frustrations… » « Et oui, fini l’Homo oeconimicus et vive l’avènement de l’Homo sententialis, homme passion et épuisette qui collecte et dévide les humeurs de ses équipes… »

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