• Jacques Heurtier

Le délégué syndical et le nouveau directeur…

Mis à jour : mai 15

« Le bien-vivre au travail est une condition d'exercice qui se renouvelle sans cesse.

Ce n'est pas une fin en soi. Il n’est ni exigé, ni dû.

Il est aussi une part de nous… »

Le délégué syndical interrompit le discours du nouveau directeur de l’EHPAD.


« Pardonnez-moi, mais je ne vois derrière votre speech qu’une meilleure rentabilité à moyens constants…. »

« Qu’entendez-vous par là ? Que le bien-vivre au travail favorise la rentabilité de l’EHPAD ?» demanda Bernard, le nouveau directeur.

Il avait l’air tranquille. Ni sur la défensive, ni arrogant.

« Je sais où vous voulez en venir » reprit Lucien.


Délégué syndical depuis dix ans, on ne lui faisait plus. Et puis ce nouveau devait aussi savoir que l’état de grâce n’existe plus….C’était le quatrième directeur en trois ans…

« Ces fameuses coordinations transversales, c’est un moyen de faire bosser d’avantage les équipes, de leur mettre d’avantage la pression… » reprit-il.

« Donc vous pensez que le bien-être au travail à travers des coopérations internes va aboutir à l’inverse du but recherché, c’est bien cela ? » reprit Bernard.


Ce délégué est un excellent orateur, pensa-t-il. Il est soupçonneux mais on le serait à moins…

« Je pense seulement qu’ici, il y a beaucoup de boulot et même beaucoup trop. Vous aurez noté que l’absentéisme est important. Les collègues tombent malades tellement la charge est lourde… »

« Donc vous dites que favoriser le bien-vivre au travail à travers des coopérations internes n’allègera pas la charge, c’est bien cela ?… » reformula Bernard.

« Comment voulez-vous que ça aille mieux ?… » reprit Lucien.


Il faut dire que la situation était compliquée : trois directeurs avaient jeté l’éponge, l’ARS était « au taquet » et les équipes craignaient la fermeture de la maison et des mutations au loin…

« Je pense que le fait de mieux vivre son travail, de retrouver un peu de stabilité et de sérénité, de pouvoir s’investir dans des projets permettrait de mieux compter les uns sur les autres. Voilà ce que je pense… » dit Bernard.


Bernadette prit alors la parole.

« En tant qu’IDEC, je ne saurais dire du mal des coordinations… » dit-elle en foudroyant Lucien du regard.


Il regarda ses chaussures. Il ne craignait pas grand monde, mais avec Bernadette il prenait des pincettes…


Elle poursuivit : « Je suis assez d’accord avec le fait que les coordinations sur des projets si elles sont bien pensées peuvent contribuer à faire décroître le stress et surtout élargir les compétences de chacun. Nous savons tous que les EP (entretiens professionnels) vont s’imposer et que des accompagnements, notamment en termes de formation, seront indispensables… »


Bernard respira. On lui avait dit qu’il ne pourrait rien faire sans elle. En même temps, il n’avait pas envie dès sa prise de fonction de lui promettre ce qu’il n’était pas sûr de tenir…

Il pensait que le seul sujet prioritaire, c’était le bien-vivre dans l’EHPAD, que c’était la condition du redressement et de la réussite.

Il était soulagé de la sentir partante.

« Inverser le jeu relationnel ne s’improvise pas et pourtant il faut beaucoup improviser… » lui avait dit son prof de management.

« Il est nécessaire de décrire un but et un seul en termes clairs sinon la suspicion s’installe… »


Bernard était satisfait : le premier pas, le premier affrontement, les prémisses d’un but commun étaient derrière lui.

Chaque membre de l’équipe avait senti que « vivre le mieux possible ensemble » était désormais possible.

Lucien n’était pas mécontent : ce directeur semblait assez bon et l’établissement en avait bien besoin. Il fit un clin d’œil à Bernadette.


Elle fit semblant de ne rien voir.

Désormais, elle n’était plus inquiète…

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