• Jacques Heurtier

Redécouvrir le management…

Mis à jour : mai 15

« Vous comprenez, c’est toujours la même histoire, on nous dit qu’il faut éviter certaines expressions, en utiliser d’autres,…bref on a l’impression d’être des perroquets… »


Liliane en avait assez de ces stages de management dans lesquels on apprenait toujours de nouvelles façons de dire les choses.


« Moi, je suis naturelle…Je dis les choses comme elles me viennent, et c’est tout. »


« Avez-vous un exemple récent ? » lui demanda la formatrice.


« Oui, j’ai demandé à une aide-soignante de s’occuper d’une résidente car sa collègue était en maladie. C’est une résidente désorientée mais calme. Je lui ai dit : Tu verras, y a pas de souci… Alors il paraît que désormais on a plus le droit de dire ça… »


« Quand vous lui avez dit y' a pas de souci – vous vouliez dire que cette résidente ne présente pas de difficulté particulière au moment des toilettes, c’est bien ça ? »


« Oui, enfin pas plus que d’autres… » répondit Liliane.


« Cela voulait dire qu’il n’y avait donc pas de difficulté à prévoir et que vous n’aviez rien de particulier à lui dire, c’est bien ça ? »


« Oui, c’est ça…Qu’est-ce que vous vouliez que je dise d’autre ? Et puis qu’est-ce que vous croyez, je n’ai pas le temps de blablater indéfiniment… »


« D’accord, donc si je suis votre raisonnement, vous dites à votre collaboratrice que son travail sera facile et qu’il n’est pas nécessaire d’en parler car vous avez des choses plus importantes à faire, c’est cela ? »


« Mais non, mais je ne vais pas lui expliquer des trucs évidents, quand même… »


La formatrice se tourna alors vers le groupe.


« Quelqu’un a une remarque ? »


« Oui » dit Dominique, « mois plutôt que de dire – y a pas de souci – je lui aurais juste demandé si elle avait des questions… »


« Oui » dit la formatrice « et dans quel but ? »


« Eh bien parce que ce n’est pas parce que je ne vois pas de problème particulier à signaler que je ne dois pas solliciter ma collaboratrice… »


« OK » dit la Formatrice « mais pourquoi la solliciter ? »


« Parce que pour moi, il est important que chaque membre de l’équipe donne son opinion ou ait la possibilité de la donner, même si la réponse est souvent – pas de question » dit Dominique.


« Vous dites que c’est important, » dit alors la formatrice « mais en quoi est-ce important ? »


« De mon point de vue » dit Dominique, « c’est important parce que c’est une reconnaissance de la personne avec qui je travaille, une marque de respect… »


« Donc finalement » dit la formatrice, « solliciter ses collaborateurs sur des aspects du travail qui semblent évident est une manière de les reconnaître en tant que personne humaine, qui compte pour vous, et pas en tant qu’agent d’exécution, c’est bien cela ? »


« Oui » dit Dominique.


Liliane reprit la parole : « C’est vrai que je n’avais pas vu les choses sous cet angle. Et après tout ce n’est pas parce que je suis pressée que je ne dois pas me montrer disponible…Tiens ce truc là je l’enregistre… »


« Merci » dit la formatrice « c’est vrai, il y a des millions de façons de montrer aux gens qui travaillent avec nous qu’on les apprécie, qu’on les respecte, qu’ils sont importants à nos yeux.

Mais vous avez aussi raison, il ne s’agirait pas de donner à la volée des phrases creuses, à la va-vite. C’est juste une disposition d’esprit : chaque fois que je demande quelque chose à quelqu’un je me dois de lui demander son avis, son opinion, son point de vue. C’est aussi simple que cela, c’est quotidien et cela devient vite un excellent réflexe. »


« Et oui, en fait il suffit juste d’ouvrir la porte… » conclua Liliane.

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