• Jacques Heurtier

Un exercice de stimulation de la mémoire

Mis à jour : mai 15

Imaginons une personne qui va proposer un exercice de reconnaissance à un résident atteint de la maladie d’Alzheimer ou d’un trouble de la mémoire.


Elle lui dit tout d’abord :

Je vais vous poser des questions. Si vous ne souhaitez pas répondre dites : JE PASSE.

Pourquoi : parce qu’elle juge indispensable de laisser à ses interlocuteurs le droit de ne pas répondre. En effet, elle s’est rendue compte que si elle insistait trop, un interlocuteur pourrait se « bloquer » et qu’elle faisait plus de mal que de bien.


Ensuite, elle demande confirmation : Si vous ne souhaitez pas répondre, vous dites … ?

La personne interrogée répondra : Je passe.

Elle a fait cela pour être sûre qu’elle est bien comprise (sans avoir à poser la célèbre question: Tu as bien compris, hein ?)

Ensuite, elle propose un petit tableau sur lequel sont écrits trois mots : FLEUR – AVION – CHAPEAU et elle dit :

Sur le tableau, sont écrits les mots FLEUR, AVION et CHAPEAU.

Y-a-t-il sur ce tableau le mot : ROSE ?

Elle laisse le tableau sous les yeux du groupe.

La personne répondra : NON

Elle dira alors : Eh oui, il n’y a pas le mot ROSE.

Vous remarquerez qu’elle ne dit pas : C’est bien.

Elle dira ensuite : Y-a-t-il le mot FLEUR sur le tableau ?

La personne répondra : OUI.

Ensuite, elle dit : Eh oui, il y a le mot FLEUR et aussi les mots AVION et CHAPEAU.

Maintenant, elle va cacher le tableau et dire :

Le mot AVION était-il sur le tableau ?

Réponse : Oui

Elle commente : Oui, il y était.

Et le mot TRAIN ?

Réponse : Non

Elle commente : Non, il n’y était pas.

Et le mot CHAPEAU ?

Réponse : Oui

Elle commente : Eh oui, il y était.


Cette personne a fait un exercice visant à faire travailler la fonction reconnaissance de la mémoire d’un groupe de résidents.


Pour la présentation de l’exercice, elle n’a pas donné d’explication car quelquefois, cela peut « stresser » ses participant(e)s. Elle s’est contentée de poser des questions simples.

Envisageons maintenant le cas d’un patient qui a l’habitude d’utiliser « sa mémoire » - lecture du journal, mots croisés,…


Cet exercice est-il pertinent pour lui (elle) et ne risque-t-il pas d’être trop facile ?


A la question est-il pertinent nous disons oui. En effet cet exercice ne fait pas travailler les mêmes « fonctions cognitives » que la lecture du journal ou les mots croisés. Un peu comme en gymnastique on fera des mouvements différents pour faire travailler des muscles différents et différemment, cet exercice complétera les autres activités.

Pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, cet exercice devrait être fait tous les jours avec des items différents (remplacer les mots par des chiffres, des lettres, des cartes à jouer, des objets familiers, etc.)


A la question est-il trop facile, nous répondons : cela dépend de la quantité d’items (mots, chiffres,…) proposés. Si sur la feuille vous écrivez 8 à 10 mots, l’exercice devient très difficile. Si vous en proposez quinze, c’est l’enfer…

Donc à vous d’adapter le nombre de mots présentés en fonction de la connaissance que vous avez de votre groupe. Ne cherchez pas à « battre des records ». Ce qui est important est que la personne réussisse et que son « cerveau » ait été stimulé.


Utilisez toujours des mots sans rapports directs les uns avec les autres (par exemple, n’utilisez pas : pomme, poire, orange qui ont un rapport direct, ce sont des fruits : vous feriez alors un exercice d’association et plus de reconnaissance).

Utilisez également de préférence des mots concrets (par exemple banane est un mot concret – tout le monde s’en fait la même image- et bonheur un mot abstrait – tout le monde en a une image différente).


Que faire en cas d’échec ?


Imaginons la situation suivante : on demande à une personne si le mot « pomme » était sur la feuille – il y était – et elle répond : « non ».

Ne lui dites pas « réfléchissez bien » comme ont pu le faire nos profs quand nous étions enfant.

Guidez-la plutôt vers la bonne réponse en disant : « Et si je vous disais que le mot pomme y était, vous seriez d’accord, n’est-ce pas ? »

Si vous êtes trop « investi » dans ces exercices, c’est-à-dire que l’échec ou la réussite de la personne deviennent à vos yeux les choses les plus importantes du monde, raisonnez-vous.


En effet la relation entre les personnes pour ces exercices est au moins aussi importante que l’exercice lui-même. Il est compréhensible que vous soyez déçu que les performances d’un parent ou d’un résident ne soient plus ce qu’elles étaient, toutefois si vous le manifestez, vous n’améliorez pas la situation, bien au contraire...

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