• Jacques Heurtier

Felix Homo : la tyrannie du bonheur ?

La recherche du bonheur individuel ici et maintenant apparaît au XVIIIe siècle. Le bien-être des hommes sera dès lors intimement lié aux progrès de la science. Faire du bonheur un idéal suprême apparaît aussi comme une injonction terrifiante : ainsi naît et croît la culpabilité de ne pas être « heureux ». Cette nouvelle pression exercée par l’idéal d’épanouissement personnel (notamment au travail) pèse sur le jugement que nous émettons sur nos vies.

Est-ce donc cet « impératif de félicité » qui crée le désarroi professionnel ?

Ou, à l’inverse, l’hypertrophie d’images euphorisantes véhiculées dans ce monde est-il une incitation à renouveler nos conditions d’existence ?

Aujourd’hui, l’on pense que ce qui nous arrive est le fruit de notre manière de voir les choses : nous pourrions être heureux en le décidant. C’est le credo des théories de développement personnel.

Et pourtant, Rousseau met en évidence ce dilemme : on ne peut connaître le bonheur sans rapports avec autrui. Cela nous voue aux déceptions et blessures de la vie. Freud renchérira : il y a une part d’incontrôlable dans l’expérience du bonheur.

Il nous faudrait donc vivre avec l’idée que le bonheur est fugitif, imprévisible ? Avec l’idée que les incantations sur ce sujet ne font que l’éloigner ? Que l’illusion du bonheur est préférable au bonheur de l’illusion ? Qu’il ne faudrait exclure de nos vies ni la superficialité ni la profondeur ?

La conclusion s’impose : le bonheur est constamment à réinventer et nul ne détiendra jamais les clés pour son accès.

En savoir plus : Gilles LIPOVETSY « Le bonheur paradoxal »

12 vues

ZAC Parc Eurêka

876 rue du Mas de Verchant

34000 MONTPELLIER

04.67.20.84.42

anfg34@orange.fr - info@anfg.fr

NOUS CONTACTER

  • LinkedIn ANFG
  • Facebook ANFG
  • YouTube ANFG

Site édité par l'ANFG

et hébergé par : Wix.com