• Jacques Heurtier

Retour vers le futur du travail

Mis à jour : mai 15

Jean était amusé. Il suivait un cours d’histoire des civilisations sur son écran. Il en était au 21e siècle. A l’époque, les hommes vivaient peu. 80 ans contre 400 aujourd’hui. Un phénomène paradoxal s’était produit en cette première moitié du XXIe siècle. Dans les sociétés développées, trouver du travail devenait plus difficile et pourtant les gens n’avaient plus le goût du travail ni de l’effort. Faisant un mauvais usage de leur narcissisme, ils voulaient « tout, tout de suite ». Cela les conduisait fatalement à la frustration car ils avaient le sentiment de « ne jamais y arriver ». Bref, au lieu de s’interroger sur la vacuité de ses désirs, cette société trouvait des « boucs émissaires ». Plus le temps passait, plus cela s’aggravait. Et ils ne se rendaient pas compte qu’ils en étaient responsables. Vers les années 2050, cela commença à changer : le salariat (forme moderne d’esclavage à l’époque) disparut. Un homme ne pouvait plus dépendre d’un autre. Il était désormais dès sa naissance, un ego-entrepreneur. Le système bafouilla un peu, mais vers 2070 cela s’améliora nettement. En effet, chacun fut désormais tenu de fabriquer quelque chose pour améliorer le monde. Les bénéfices tirés de ces opérations constituaient la rémunération. Une gigantesque base de données des désirs de l’humanité s’enrichissait sans cesse : plus de 7 milliards de demandes par jour. Il suffisait donc de choisir l’activité que l’on allait proposer. Les procédures étaient standardisées afin de permettre à chacun d’optimiser son projet. L’allongement de la durée de vie croissait : désormais on travaillait depuis l’âge de 8 ans jusqu’à 120 ou 130 ans à temps plein, puis à temps partiel jusqu’à la fin. Chacun avait droit à une erreur majeure par an et devait la réparer. Le système, grand ordonnateur de la vie des citoyens s’y employait. Chacun savait chaque jour comment il avait contribué à faire avancer le monde. Bref, ce qui avait changé est que les hommes ne regardaient plus en eux mais s’intéressaient aux autres…

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