• Jacques Heurtier

Vive le stress en EHPAD…

Mis à jour : mai 15

« Bonjour Mme X, vous savez que c’est journée rouge aujourd’hui ? » « Ahhh, » répliqua Mme X, visiblement contente « alors c’est toilette à toute vitesse et apéro à 17H00 ? » « Eh oui, comme toutes les journées rouges »…

Pilar était aide-soignante à l’EHPAD. Depuis 6 mois, la nouvelle cadre avait mis en place ce système de journées « vertes », « orange » et « rouges ». C’était simple, la journée « verte » on prenait le temps, la journée « orange » les toilettes étaient plus rapides et pour les « rouges » on était à bloc mais il y avait un apéro… Vous n’allez pas le croire mais les résidents adoraient les journées « rouges » et même les familles pouvaient venir prendre l’apéro à 17H00.

Il y avait une contrepartie : au cours des journées rouges les résidents pouvaient faire des encouragements au personnel…et adresser un petit bravo pour les journées « orange » était bienvenu. D’ailleurs certains résidents avaient tourné de jolis compliments avec l’animatrice pendant l’atelier écriture. Ils avaient également illustré la vitesse dans la maison en atelier peinture.

Tout le monde s’y était mis : la psy avait expliqué aux résidents pourquoi encourager les équipes et comment exprimer leur bienveillance, l’ergo les avait ré-entraînés à l’applaudimètre et même le directeur avait acheté 3 cravates de 3 couleurs différentes. Quant au cuisinier, il s’arrangeait toujours aussi pour faire un « petit geste » pour les journées rouges. Bref tout le monde se gâtait et tout le monde était gâté…

Pilar trouvait que c’était une très bonne idée : cela mettait une ambiance joyeuse dans la maison. Parce qu’avant…c’était horrible. Elle se demandait même comment cela avait pu durer aussi longtemps…

Même Monsieur Truc, les journées rouges allait dans le jardin tout seul. Il passait des heures à se promener, le nez au vent. Pour les journées orange, tout le monde le savait, il fallait l’accompagner jusqu’à la porte. Et l'on se promenait avec lui les journées vertes.

« Ah l’Alzheimer, ça fait faire du sport » disait Mme Y, malicieuse. « Des fois je me demande même si je n’aimerais pas l’avoir un petit peu…pour perdre du poids ».

Le registre d’aide venait d’être terminé : chaque résident avait été convié à communiquer ce qu’il pourrait dire ou faire pour une bonne marche de la maison. Au début, personne n’avait d’idée. Mais la nouvelle cadre, elle ne lâchait rien. Et puis c’était venu. "Un grand sourire quand l’aide-soignante vient faire la toilette même si je suis de très mauvaise humeur," avait dit l’une. "Partager mes recettes de cuisine" avait dit l’autre… Et puis cela avait fait boule de neige. Le registre était désormais complet. Le directeur l’avait présenté officiellement à tous, en présence de Monsieur le maire, s’il vous plaît, et une coupe de champagne avait été offerte à tout le monde. Cela avait été un très bon moment.

Finalement, se dit Pilar, ce n’est pas si compliqué… La bienveillance entre tous : il suffit d’abord de la faire soi-même, sans rien attendre en retour, et puis cela finit toujours par venir…

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