• Jacques Heurtier

Super projet d’animation

Mis à jour : mai 15

Solange réfléchissait. Titulaire d’une licence en histoire-géo, elle avait fait quelques remplacements dans des collèges situés en zône « sensible ».

Solange se sentait fragile. Elle savait bien à quel point l’histoire de France pouvait être fascinante, à quel point elle pouvait être utile aux enfants. Malheureusement, de classes difficiles en classes difficiles, elle avait jeté l’éponge. Et puis, elle avait trouvé ce poste d’animatrice en EHPAD. C’était formidable. Sa douceur, sa gentillesse, sa disponibilité avaient conquis résidents et familles. Elle avait découvert, en écoutant les résidents, à quel point l’histoire ressuscitait dans leurs voix. Et puis les enfants des écoles venaient parfois partager un moment avec les aînés. Elle voyait que souvent, ils apprenaient plus en quelques minutes avec les résidents qu’à travers les cours magistraux. Elle brûlait d’envie de faire vivre tout cela. Elle commença simplement : quelques témoignages enregistrés très courts (30 secondes) parfois croisés avec ceux des enfants des résidents (qui complétaient admirablement le tableau).

Elle écrivait un petit texte informatif, glissait quelques photos et souvent laissait s’exprimer les sentiments bruts, en résistant à la tentation de les transformer en savoirs académiques.

Elle les avait proposés aux enseignants de primaire et collèges de sa région, puis aux familles. L’accueil reçu était excellent. Les collègues soignantes étaient également ravies de mieux connaître ou comprendre certains aspects des résidents. « Ah, ça, ils ne nous l’avaient jamais dit » ou « Ouaahh, j’ai appris quelque chose aujourd’hui » disaient-ils.

Le directeur qui la sentait capable, l’avait discrètement encouragé. Et, de fil en aiguille, ses news se partagaient et les « like » commençaient à pleuvoir. Un beau jour, le Directeur l’informa qu’il avait été contacté par l’IDEN (Inspecteur en chef des enseignants) qui souhaitait en savoir plus sur ce projet. Elle se rendit à une réunion d’enseignants sous la houlette de l’inspecteur, et présenta ses news. « Cette manière de faire est excellente » dit l’Inspecteur « et nous aurions tous à y gagner si petit à petit on pouvait présenter en classe une fois par mois ce type de témoignages… »

Solange connaissait bien les rouages de l’éducation nationale. Elle avait un peu peur que la « pression » soit mise sur ses résidents, que l’on lui impose des thèmes. « La seule manière d’agir selon moi, » dit-elle « est qu’il n’y ait aucune contrainte ni de thème, ni de temps. » Ses interlocuteurs s’y plièrent car elle sut leur faire comprendre que seule l’instantanéité du moment pouvait être authentique.

Solange comprenait que des règles s’imposent pour le soin, l’hygiène, l’alimentation mais ne pensait pas pertinent de répondre à des normes sur ce sujet. Ce seraient des émotions brutes, simplement mises en scène mais en aucun cas un « parcours pédagogique préétabli ». Il adviendrait de ces news ce que les enseignants en feraient et cela resterait informel. Elle rapporta ces éléments au Directeur. Il en était ravi car au fond de lui, il savait bien l’apport que pouvaient constituer toutes ces phrases et les sourires de ces visages marqués par le temps. Ces visages parcheminés s’éclairaient dans la joie, la tristesse, le sérieux et ramenaient toujours à des fondamentaux. Il donna son accord à Solange et lui demanda seulement d’écrire un court texte de présentation pour la presse régionale. Elle s’y plia de bonne grâce. Enfin, pensa le Directeur, l’informel oublié par les normes reprenait sa juste place. On n’aurait plus besoin de dire qu’un vieillard était une bibliothèque, c’était devenu évident… Et puis c’était aussi une grande joie de faire vivre un projet utile sans avoir besoin de le formaliser point par point…


COMMENTAIRES DE L’ANFG

Nous voyons désormais poindre de plus en plus de projets informels qui libèrent l’authenticité des résidents et permettent qu’ils nous transmettent « le meilleur ». La nouvelle loi sur la formation continue valorise les enseignements à distance et nous avons choisi la vidéoconférence (de type Skype) pour ce sujet. Cela permettra d’aider les collaborateurs en fonction de leurs questions et de disposer de « short formations » de 30 mn à 1H00 sur ces sujets au rythme désiré. Si vous souhaitez évaluer la pertinence de ce type de projet, nous sommes tout disposés à vous écouter.

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